la versaillaise

samedi, janvier 07, 2012

Bonne année !



Bonne année 2012 ! Santé, prospérité, gaité, télé .... l'occasion de réviser les mots féminins en "é". Enfin, on nous prédit une année catastrophique, je pense donc qu'elle sera bonne ! Surtout si l'on travaille plus pour ... je ne sais pas quoi.

Elle a d'ailleurs fort bien commencé la 2012 ...Nous (un ensemble d'enseignants de Boulogne Billancourt) sommes convoqués le surlendemain de la rentrée, à une animation pédagogique sur l'enseignement de l'histoire et de la géographie (j'adore ce mot d'animation pédagogique, on pourrait croire que l'on cherche à nous distraire, que nous avons de gentils organisateurs, cela a un petit côté club Med !) Nous nous pointons furieux, prévenus la veille des vacances par un énième truc déposé dans nos casiers intitulé, je cite, "Tous à vos agendas !!! Qu'allons nous faire là ? Nous comprenons vite, l'ennui et l'inutile se joignent si bien, qu'il s'agit d'une réunion destinée aux stagiaires. Nous regardons autour de nous, les enseignants des écoles T et B ne sont pas là et ne figurent pas sur le listing des fameuses feuilles d'émargement ! Voilà ce qui s'est probablement passé : réunion pour les stagiaires, salle de conférence trop grande, mobilisation de fonctionnaires "bouche trou".

Nous devons faire des heures. A la seconde près. Rater ce genre de réunion ? Ne pas devenir bête ou perdre une journée de salaire ! L'idéal est donc de prévoir. Je regarde autour de moi, on se croirait dans le train : certains bouquinent, d'autres jouent ou font leurs mails sur leurs I Phone,I Pad (j'en suis), net book et ordinateurs portables. D'autres corrigent leurs copies ou font des mots fléchés ... Faire des heures .... Les rendez-vous avec les parents, les heures à corriger chez soi entre autres, qui les totalise ? Qui prend en compte le fait qu'il existe encore des classe à 18 élèves et d'autres à 30 au sein de mêmes écoles ?
C'est le cas chez nous, dans un quartier bien calme de Boulogne Billancourt. Le cycle 2 (CP et CE1) ont en moyenne 10 élèves de moins que ceux du cycle 3 (CE2, CM1, CM2.) Il y a aussi un double niveau CE2/CM1 : on a tiré le gros lot au cycle 3 !

Mais revenons à cette réunion absolument imprévue. Le mois de janvier est déjà saturé en matière de réunions de cycles ou de maitres ou de je ne sais plus quoi. La conférencière, qui nous parle d'une voix doucereuse, un peu comme si elle s'adressait à des enfants de petite section, nous tient des propos sur l'enseignement de l'histoire : "Alors en histoire, on enseigne tout ce que les élèves reverrons au collège puis au lycée !" (....) Alors bien sûr, on doit balayer tout cela, le but est ..." J'ai cessé d'écouter, ce terme de "balayer" m'a achevée. Selon moi, nous sombrons définitivement dans l'absurde depuis quelques trois ans.

Je ne l'ai pas vu venir. Cette révolte. Je me suis soudain exprimée. Demandant le sens de tout cela, dénonçant que le tout est synonyme de rien, que mes élèves se désintéressent de plus en plus de l'histoire car "balayer de l'an 800 à 1789" n'est pas évident avec des enfants de neuf ou dix ans, qui de surcroit, ont aussi un programme bien fourni en géographie, sciences, histoires des arts, arts visuels et pratiques artistiques (J'adore ces termes pondus très récemment ...) ! Balayer ... Au sens propre comme au figuré ... Je demande aussi quand faire des maths et du Français(étude de la langue , c'est à dire orthographe, conjugaison, grammaire.) Car on nous dit que c'est justement en histoire, géographie et sciences que l'on peut travailler maths et français ! Comme si ce n'était pas assez lourd comme cela. Pour la compréhension, je suis d'accord. Mais je me vois bien aborder le complément du nom, les adverbes et autres au beau milieu d'une séance sur le massacre de la Saint Barthélémy ...

Un tel programme pour six semaines de classes en moins ? J'ai un peu tout formulé
dans ma question, veillant à rester concise et claire. Je suis la première à oser intervenir (miracle, on pose ses I phones, I Pad, Net book, PC portables autour de moi !)))) Mon interlocutrice reste sans voix (elle devait penser que nous étions bêtes et incultes, tant elle insistait sur l'importance de "mener une vraie réflexion au sein de nos pratiques !). Enfin non, elle bafouille au micro ce qu'elle croit être une réponse. Je lui rétorque qu'elle ne me réponds pas quant au sens de tout cela. Elle ne sais pas à l'évidence répondre, est déstabilisée d'autant qu'une collègue a surenchéri (à Drouaut, nous aurions emporté le gros lot !) et, classique dans ce genre de situation, me lance que "je suis bien agressive !" Non, je ne le suis pas, je ne suis pas venue à 9 heures pour assister à une réunion destinées à des stagiaires qui du reste, ont cessé d'écouter (je les vois d'en haut taper leurs mémoires !)) Je lui rétorque que je ne suis pas agressive mais dubitative, qu'elle ne réponds absolument pas à mes interrogations. Je lui dit que j'ai retenu une jolie expression de l'IUFM (je n'y suis rentrée qu'en seconde année et ai passé une année de stagiaire à entendre des élucubrations, critiquer les écoles dans lesquelles nous avions fait des stages (les seuls moments pourtant utiles.))Je me souviens de trois heures de Technologie où nous devions faire un pingouin en pliage ! )))) Jamais je n'y suis arrivée, deux amies l'ont fait pour moi ! )) Cette expression est "surcharge cognitive"

Je cite alors Montaigne : "mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine."Il faut peut être avoir raté, comme moi, son permis de conduire quatre fois malgré une centaine de leçons et ... d'euros, pour comprendre ce que "surcharge cognitive" signifie vraiment !))))

L’inspectrice n'a pas eu l'air d'apprécier mon intervention, se levant pour regarder qui parlait (elle m'a évidemment reconnue !))) et hochant la tête d'un air consterné !))

A l'issue de cette perte monumentale de temps, beaucoup de collègues (d'autres écoles, car j'enseigne à Boulogne depuis 1997) sont venus me dire qu'ils étaient tous d'accord avec moi, mais que l'on ne pouvait discuter, je cite "avec ces gens là."

"Rien de trop" disait Socrate". Il n'aurait pas été déçu !))) Intervenir de cette manière là, alors que je serai inspectée dans les jours qui viennent (chronique d'un désastre annoncé (convocation à l'Inspection après harcèlement des élus pour obtenir plus de cars et de moyens(article prochain !))

Revenons encore à cette réunion. La moitié des "invités" sont partis à la pause, la salle n'avait plus du tout le même aspect avant et après. Aucune question. Pas d’applaudissement si ce n'est ceux de notre inspectrice qui rendaient flagrants l'absence d'autres ! Et oui, les choses ont un peu évolué depuis le règne de Louis XIV. Enfin, restent tout de même alentours une bonne flopée de lèche C.... (je veux dire "bottes" bien sûr ....) Bref, je suis restée jusqu'au bout. Et me suis fait une nouvelle fois très bien voir !))

Une problématique se pose donc :
Faut-il venir pour émarger et partir à la pause ? Avec un paquet de copies à corriger ? Avec son Net Book ou son portable pour taper son mémoire comme le faisait la plupart des stagiaires ?
Du moment que l'on se tait ?






























































































































































































































































































































































































































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